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Jadis tout le pays était couvert de bois. Une forêt épaisse,
la forêt d'Arrouaise au nom étrange : Arida Gamantia, recouvrait
le Nord et se prolongeait en Belgique. La forêt d'Arrouaise était
partie intégrante de l'immense forêt des Ardennes. Elle fut défrichée
au cours des siècles mais elle n'est pas morte entièrement. On
a longtemps dit Fresnoy-en-Arrouaise. Fresnoy
vient du latin " Fraxiniacus ", qui signifie frêne
et doit son nom à la prédominance de cet arbre, en cet endroit
de la grande forêt d'Arrouaise.
A priori, le lieu ne s'est pas prêté à l'établissement des populations
primitives : pas de source permanente, pas de grottes, pas ou
peu de terrain sablonneux et par conséquent, pas de clairières
où établir un campement. Il est très probable que la population
s'y est fixée au moment de l'exploitation des forêts et a été,
de tout temps, dépendante des Abbayes.
Gaule Romaine : La Gaule
est conquise par César et divisée en trois parties : la Belgique,
Celtique et l'Aquitaine. Fresnoy-le-Grand fait partie de la Gaule
Belgique. Lors de la réorganisation de l'empire par Dioclétien
(IIIème siècle), cette même Belgique est divisée en deux parties,
Fresnoy se voit rattaché à la deuxième Belgique dont la capitale
est Reims.
Francs et Mérovingiens :
Après l'invasion des Francs, la deuxième Belgique devient le "royaume
des Saliens". Les Francs, avec Clovis, se rendent maîtres de la
plus grande partie du territoire. Clovis ayant vaincu tous les
petits rois de ce royaume, fonde un immense état : "le royaume
Franc " qui couvre à peu près toute la Gaule.
Des Carolingiens à la Révolution
: A la mort de Clovis, ses quatre fils se partagent
ce territoire et Fresnoy fait partie du domaine de Clotaire. L'unité
se rétablit à la mort des trois frères de Clotaire ; pas pour
longtemps d'ailleurs, puisque les trois fils de ce dernier divisent
le royaume en trois parties : l'Austrasie, la Neustrie et la Bourgogne.
De nouvelles frontières délimitent ces trois provinces. Ce nouveau
découpage inclut Fresnoy en Neustrie avec Paris comme capitale.
Cette dénomination (la Neustrie) subsistera jusqu'au règne de
Charlemagne.
A la fin du IXème siècle,
notre contrée se divise, suivant le système féodal, en un certain
nombre de Comtés, Fresnoy fait alors partie du Vermandois. Au
XIIIème siècle, le Vermandois et autres Comtés environnants sont
englobés sous une seule dénomination : la Picardie. Philippe Auguste
redivise la Picardie en deux bailliages : celui d'Amiens et celui
du Vermandois auquel nous appartenons. Il faudra attendre Richelieu
(1585-1642) pour que les limites des provinces deviennent plus
fixes.
Au XVIème siècle, lors
des guerres entre l'Espagne qui possédait les Pays-Bas et la France,
le village fut souvent envahi. Pendant le mémorable siège de Saint-Quentin,
en 1557, les Espagnols s'emparent de Fresnoy et le mettent au
pillage. Le bourg ne sera rendu à la France qu'en 1559 par le
traité du Cateau-Cambrésis.
Après le traité des
Pyrénées, signé en 1569, qui met fin aux guerres franco-espagnoles,
Fresnoy connait une période assez calme jusqu'à la Révolution ;
si ce n'est la grande misère du peuple des campagnes racontée par
l'abbé de Termont, curé de Fresnoy en 1788. De plus, les conquêtes
de Louis XIV, de 1659 à 1678, repoussent les frontières plus au
nord et notre pays est désormais à l'abri des invasions jusqu'aux
guerres napoléoniennes.
En 1789, l'Assemblée Constituante
divise la Picardie de la façon suivante :
Une première partie forme le département de la Somme,
une seconde partie va au Pas-de-Calais,
une troisième intégre l'Oise
une quatrième forme le département de l'Aisne dans sa presque
totalité.
Pendant la Révolution, Fresnoy est occupé par les Autrichiens
en 1793-1794.
Lors de campagne de France, en 1814-1815,
Fresnoy a encore à souffrir de l'occupation ennemie. Après Waterloo,
Russes et Anglais campent sur le territoire.
Débute la funeste guerre de 1870 où arrivent à Fresnoy les premières patrouilles de Uhlans
se dirigeant vers le Nord. Cette occupation allemande dure jusqu'en
mai 1871, date de la signature du traité de Francfort sur le Mein.
Guerre de 1914-1918
: Le 28 août 1914, la première patrouille de Uhlans arrive
à Fresnoy ; vient ensuite le gros de l'armée allemande Von Kluck
: Uhlans, infanterie, artillerie, train des équipages font la pause
et commencent à piller Fresnoy-le-Grand, tuant vaches, veaux, lapins
etc... C'est une armée en délire, ivre de victoires et de boissons.
En 1917, Fresnoy, toujours
occupé, se trouve à 9 km du front et souvent exposé aux bombardements
des avions français et anglais. Pendant l'occupation, Fresnoy est
le siège d'une commandature à la tête de laquelle est placé un commandant
ou un général. Les bâtiments communaux sont alors convertis en lazareth
et en caserne, car Fresnoy est toujours rempli de troupes qui y
commettent crimes et vols. Le 9 octobre
1918, le 1/5 régiment d'infanterie du comte de Lincoln
libère Fresnoy et l'armée britannique y resta du 9 octobre au 15
novembre 1919. La ville de Fresnoy a reçu la Croix de Guerre 1914-1918
avec palmes. Il y a eu 107 victimes militaires et 13 victimes civiles.
Guerre de 1939-1945 :L'annonce
de la Mobilisation Générale a lieu le 3 septembre 1939 vers 17 heures.
Fresnoy subit sa première attaque allemande le 10 mai 1940. Les
jours suivants une grande partie de la population Fresnoysienne
évacue. Le 17 mai 1940, les Allemands arrivent à Fresnoy. Il faudra
attendre le 3 septembre 1944 vers 6 heures du matin pour voir le
passage des derniers Allemands et l'arrivée des troupes américaines
qui libéreront Fresnoy-le-Grand. Il y a eu 15 morts au Champ d'honneur,
10 victimes civiles et 7 résistants, membres des forces françaises
de l'intérieur, qui ont été fusilléspar les
nazis. Le nom d'une rue et un monument leur ont été dédiés à Fresnoy-le-Grand.
Article :Stéphanie
VITOUX (extrait de son site personnel consacré à Fresnoy
le Grand)
Sources :
Bulletin Municipal/ Monsieur Paul
Coutant.- Ville de Fresnoy-le-Grand
Histoire des Cantons de l'Aisne/ G.
Dumas.- Conseil Général de L'Aisne, 1975
Dictionnaire historique du département
de l'Aisne/ Melleville. - Editions
Culture et Civilisation, 1979
L'Aisne porte de France/ Collectif.
- Larrieu-Bonnel, 1965
Le Petit Mourre/ Michel Mourre. -
Larousse, 1998
Fresnoy et son histoire / Yves Flamant .-
Ville de Fresnoy-le-Grand,1984